Samedi 17 mars 2018, le départ de Claye-Souilly a eu lieu comme prévu à 7h précises. Nous avons trouvé notre guide à la descente du car vers 10h30, près de la collégiale d’Eu, dans un froid glacial.

La ville d’Eu se trouve sur la frontière septentrionale de la Normandie, dans la vallée de la Bresle, à 4 kilomètres du Tréport.  Nous avons traversé le matin quelques rues de la ville d’Eu pour découvrir la chapelle de l’ancien collège des Jésuites puis nous sommes allés visiter la collégiale.

chapelle de l’ancien collège des Jésuites

 

Le collège des Jésuites a été bâti, en 1580, par Henri de Lorraine, duc de Guise, dit le Balafré, marié à Catherine de Clèves, 26ème comtesse d’Eu. 33 ans plus tard, Catherine de Clèves fait construire la Chapelle du Collège, en mémoire de son époux, assassiné à Blois en 1588. La construction dure 11 ans, de 1613 à 1624.

 

Henri de Guise

La chapelle renferme les mausolées d’Henri de Guise et de Catherine de Clèves, représentés tous deux au repos et situés autour du chœur, ornés de bas-reliefs, sculptures et statues en marbre blanc et noir.

Catherine de Clèves

 

 

 

 

 

 

Il n’y a plus de culte dans la chapelle mais des expositions y sont organisées.

 

La collégiale Notre-Dame et St Laurent

Collégiale Notre-Dame et St Laurent d’Eu

Au début du XIème siècle, les comtes d’Eu fondent une collégiale. En 1119, elle devient une abbaye. En 1181, saint Laurent O’Toole, archevêque de Dublin, y meurt. L’église, reconstruite en 1186, prend alors son nom. Les différents bâtiments de l’abbaye sont achevés en 1230. L’église subit les incendies de 1426 et 1475 qui touchent la ville d’Eu. À la Révolution française, l’abbaye est supprimée. Ses bâtiments sont détruits et seule reste aujourd’hui son église.

 

 

 

 

 

 

L’église de la collégiale Notre Dame et Saint Laurent O’Toole est un bel exemple de l’évolution de l’art gothique du primitif au flamboyant. De dimensions imposantes (80 mètres de long, 17 mètres de large, 21 mètres sous voûte), elle s’élève sur trois niveaux.

La nef et le grand orgue

Le vitrail central

Le banc d’oeuvre

 

 

 

 

 

 

L’édifice est dédié à saint Laurent O’Toole dont le gisant, un des plus anciens de la région, repose dans la crypte de la fin du XIIe siècle qui abrite également les gisants des comtes d’Eu et de la famille d’Artois. Ces tombeaux sont des chefs-d’œuvre de la sculpture de la fin du XIVe et du début du XVe siècle.

La crypte

Mais à la Révolution Française, ils sont jetés dans la crypte (l’histoire raconte qu’ils ont été lancés par les soupiraux de part et d’autre de la crypte), qui ne servait alors que pour le pèlerinage de Saint-Laurent (le gisant de saint-Laurent O’Toole s’y trouvant déjà). Ils resteront ainsi jusqu’à ce que Louis-Philippe en décide la restauration.

 

 

Le gisant de St Laurent

 

À l’entrée est disposé le gisant de St Laurent. On trouve sur la gauche les hommes (Charles d’Artois, Jean d’Artois, le petit Philippe d’Artois, Charles d’Artois le Jeune et Philippe d’Artois le Connétable) et sur la droite les femmes (Isabelle de Melun, Isabeau d’Artois, Jeanne de Saveuse et Hélène de Melun).

 

 

Domaine de Joinville , château-hôtel.

 

 

Après déjeuner au domaine de Joinville, route du Tréport à Eu, nous avons visité le château d’Eu en deux groupes.

 

 

 

 

Le château

 

 

Mathilde et Guillaume à Eu, en 1050.

 

Au 11ème siècle, Guillaume le Conquérant épouse Mathilde de Flandre au château d’Eu. Il ne reste rien de ce château.

 

Le bâtiment actuel fut commencé en 1578 par Henri de Guise et Catherine de Clèves, puis terminé en 1665 par la Grande Mademoiselle, cousine germaine du roi Louis XIV.

le château d’Eu

 

Il se compose d’un corps de logis prolongé à chacune de ses extrémités, par deux pavillons. La partie centrale est presque rectiligne, les pavillons des extrémités étant en retrait côté cour et en saillie côté parc. L’ensemble est édifié en brique et pierre.

 

 

Au XIXe siècle, il devient la résidence d’été du roi Louis-Philippe qui y reçut deux fois la reine Victoria. Comprenant aujourd’hui le musée Louis-Philippe, le château garde le souvenir de ses propriétaires successifs à travers ses collections de meubles, de vaisselles, de tableaux et de ses intérieurs reconstitués. Des pièces comme les salons, l’office ou la salle à manger, font du château d’Eu un lieu de vie et de découverte des arts décoratifs du XIXe siècle. La décoration intérieure actuelle est l’œuvre du célèbre architecte Eugène Viollet-le-Duc entre 1872 et 1886.

 

 

 

 

 

En novembre 1902, le corps de logis central et l’aile sud du château d’Eu subissent un incendie, qui n’en laisse que les murs. L’édifice est ensuite restauré, à l’exception d’une partie des décors intérieurs.

En 1964, après de multiples péripéties, la ville d’Eu se porte acquéreur du château.

En 1973, la municipalité y installe sa mairie, dans la partie sud, alors que le Musée Louis-Philippe, ouvert à la visite du public, est créé dans la partie nord.

A l’intérieur du château, on remarque en particulier la Galerie des Guise, au décor entièrement reconstitué, au début du XXIème siècle, pour servir d’écrin à une exceptionnelle collection de 141 portraits représentant des personnages liés à l’histoire du château. La restauration de cette galerie a été inaugurée en 2014.

 

 

 

 

Une partie de l’ancien domaine du château reste privée, et s’est transmise aux héritiers d’Isabelle d’Orléans-Bragance, comtesse de Paris, née à Eu en 1911, ses fils Michel et Jacques d’Orléans, ainsi qu’un de ses petits-fils, Robert d’Orléans, fils du défunt prince Thibault (†1983).

En 1987, le parc et les dépendances de l’ancien domaine royal, situés sur le territoire de la ville d’Eu, ont été classés.

Le retour en car à Claye-Souilly  s’est fait sous la neige. Arrivés à 19h30.